Je ne m'étendrai pas sur les raisons pour lesquelles je n'ai rien posté depuis le 26 avril dernier, ça ne regarde que moi et ma conscience. Passons donc très vite à autre chose. Dimanche dernier, sur les coups de 11H00 du matin, nous voilà partis, ma douce et moi-même, en direction de Eleanor, petit bled perdu (1 500 âmes et autant d'engins agricoles) de la Virginie occidentale (les plus perspicaces d'entre vous devineront pourquoi). Six heures de route et des brouettes sous un déluge de flotte, va falloir qu'on s'y fasse, à chaque fois qu'on se dirige vers les Appalaches, on se prend le ciel sur la tête. Vous me direz, on s'en sort bien, parce qu'on aurait pu se diriger vers le Midwest, et là-bas c'est ben pire si j'en crois les gazettes. Six heures de route et un peu plus, donc, avec des bahuts de 40 tonnes qui vous doublent, par la gauche, par la droite, à plus de 80 MPH en vous rasant bien comme il faut et vous balançant tout ce qu'ils peuvent en pleine tronche !
Moi je veux bien, mais les histoires de "l'Américain citoyen respectueux de la loi et de son prochain", c'est de la farce ! Je le hurle, la plupart des camionneurs yankees sont de véritables gangsters. (Pffff.... ca va déjà nettement mieux).Nos petites affaires sur place terminées (à Eleanor), il était bien 20H30, et fallait trouver un endroit pour manger d'abord et dormir ensuite. On s'est dit que ce serait peut-être bien d'éviter le Motel local et de se diriger vers Charleston, la capitale de West Virginia, à une grosse demi-heure de route. Alors premier petit conseil lorsqu'on arrive de nuit dans une ville inconnue et que l'on n'a pas de guide avec soi: ne pas penser qu'en prenant la sortie "State Capitol" vous allez arriver direct "Down town". Car le State Capitol de Charleston se trouve dans la pampa, bien loin de ce que l'on appelle communément chez nous un "Centre ville". On a tourné pendant une grosse demi-heure dans une ville fantôme, sans panneau indicateur, avec la flotte qui redoublait de violence, et la seule personne croisée était un homme circulant en fauteuil roulant, sans feu, et évité de justesse (j'y croyais pas) !!
A la limite de la crise de nerf, on s'est décidé à passer la rivière, ce qui fût le bon choix, rapport à ce que "Down town", c'était bien de ce côté là. La partie n'était pas encore gagnée, parce que l'heure tournait et que pas le moindre commerce n'était ouvert (même Mc Do et Subway avaient plié les gaules, vous me direz c'était pô pire).
Et puis au détour d'une rue, on a vu de la lumière. On approche en respectant la signalisation lumineuse (quoi qu'en dise mon co-pilote), et que voit-on écrit au fronton de l'établissement ? C'est écrit sur la photo ci-contre (je vous jure sur la tête de Mireille Matthieu que c'est la vraie photo).
C'était tout allumé partout, il y avait même des gens dedans, enfin une vraie auberge quoi !On rentre, on attend que quelqu'un veuille bien s'occuper de nous, lorsqu'une femme, assise trois tables plus loin, m'avise et me demande:"May I help you ?"
"Yes" lui réponds-je tout de go, "not too late to have dinner ?"
"Ah mais vous parlez français !!!!" s'exclame-t-elle quasiment sans accent (à ce moment le rouge de la honte m'envahit).
"Voui voui voui, nous sommes Français". C'est tout juste si elle ne m'a pas serré contre sa poitrine.
"Venez, je vais vous présenter mon mari (le patron), il est Français !"
Je peux vous dire qu'après la journée qu'on venait de passer, et après un grand moment de solitude à errer dans la ville sans jamais croiser quelqu'un à qui demander notre chemin, on était content de rencontrer des gens de chez nous, qui en plus allaient nous donner à manger.
"Vous vous êtes perdu sur une bretelle d'autoroute ?" nous demande le patron, genre "mais comment vous avez atterri dans un patelin pareil un dimanche soir ?". Après avoir fumé une cigarette en toute légalité tout en sirotant un petit "Chardonnay", on s'est tapé une salade périgourdine avec du "foie gras fait maison" (Yes we can !!), et un lapin à la moutarde accompagné de gratin dauphinois. On s'est regardé, on n'y a pas vraiment cru, mais tout cela était bien réel. Si vous vous perdez dans le coin, on ne sait jamais, ça s'appelle "Le café de Paris", 700 quarrier Street-Charleston WV 25301. Et nous on n'en revient toujours pas !
4 commentaires:
content de te relire...
L'adresse est bien notée (et on évitera le panneau State Capitol).
Juste par curiosité, tu n'étais pas en WV pour suivre les tribulations de Miss Hillary ? (juste comme ça, hein ?)
Arghhhh....On ne peut rien te cacher Yibus
Et les Américains mangeaient du lapin
ayant du goût ? Ou bien le cuistot avait-il dressé quelques "locals" ?
On attend la suite, car manger, c'est bien, mais dormir...
A l'inconnu breton:
Ca avait surtout le goût de moutarde. Et lorsqu'un client, fort sympatique au demeurant, m'a demandé ce que je mangeais là, il a fait une moue terrible en entendant ma réponse. Pour le dormir, c'était juste le Holliday Inn du coin. Pas une once de charme, mais c'était justement pour...dormir.
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