mercredi 18 juin 2008

De profundis...


C'est très, très, très sympa d'habiter au Zétazunidaméric au lendemain d'une triple déculottée footballistique. Parce que ici, l'Euro 2008, tout le monde s'en bat les flancs ou à peu près. Personne n'en parle, ni dans la rue, ni à la télé, ni dans les journaux (ce matin, l'élimination de l'Equipe de France fait 11 lignes en page 6 du cahier sports de USA Today, tout juste un peu plus dans ceux du Washington Post et du NY Times, et rien du tout sur les chaînes d'infos). Parce que lorsqu'on est un accro de ce sport, et même lorsqu'on tente de prendre un peu de hauteur (si, si, c'est possible), on a toujours un vieux fond de nationalisme qui refait surface. Et au lendemain d'une très pitoyable élimination de son équipe préférée, forcément, le nationalisme il en prend un petit coup dans les carreaux.

Donc le fait d'habiter très loin de la vieille Europe, qui plus est dans un pays totalement autiste à la chose du ballon rond, fait un bien considérable les jours de gueule de bois post-défaite. Pas de voisin prenant un air faussement contrit pour vous expliquer que "c'est dommage, vous aviez pourtant une bonne équipe", pas de conversations de comptoirs (toutes façons y'en a pas) pendant lesquelles on vous refait vingt fois le match et on exige que des têtes tombent. Tout comme on peut aller faire ses courses tout peinard sans se faire interpeller par un malotru trop content de pouvoir faire sa fête à un Frenchie arrogant. Non, rien de tout ça, vous pouvez passer une journée bien tranquille, sans que l'on vous fasse revivre d'une manière ou d'une autre l'humiliation subie la veille.
La seule chose à laquelle on ne peut toutefois pas échapper, même à 8 heures d'avion de là-bas, c'est le e-mail sympathique de la part de potes qui le sont tout autant.
Fernando à Barcelone: "Hola que tal !? Ma qu'est-ce qui s'est passé, Zizou était en vacances ?"
Carlos, Portugais installé à Moscou, dont je n'avais plus de nouvelles depuis deux mois, qui croit utile de faire le malin: "On se retrouvera en Afrique du Sud !!!"
Thomas à Berlin: "Schade, kein Glück !!"
Lorenzo à Rome, qui ne perd rien pour attendre: "A casa, a casa".
Vous me direz c'est de bonne guerre.
Mais celui qui m'a laissé le cul sur ma chaise, c'est ma Maman (qui sait à peine qui est Raymond Domenech):"T'as pu voir le match hier ?"
No comment.

dimanche 15 juin 2008

Merde !


En France, il se trouve des gens qui ont la larme à l'oeil parce que PPDA se fait lourder comme un malpropre du jité de TF1. Vue d'ici, ça laisse un peu rêveur, mais bon... J'avoue que de voir Poivre se faire virer par par ceux-là mêmes à qui il a toujours servi la soupe ne me fait pas beaucoup de peine. En revanche, il y a une nouvelle qui m'en a fait (de la peine) c'est celle de la disparition soudaine de Tim Russert. L'info est tombée vendredi après-midi, à la mi-temps de France-Pays Bas, bad day (c'était un vendredi 13).

Tim Russert était l'un des journalistes vedettes de la chaîne NBC, animateur talentueux (entre autre) de la célébrissime émission "Meet the press". Je ne le connaissais que par l'entremise de mon petit écran, et quand j'écoutais ses analyses politiques, j'avais l'impression d'avoir tout compris et d'être devenu moi-même un observeur averti de la vie politique américaine (ce n'était bien sûr qu'une illusion). Mais ce monsieur de 58 ans avait le génie de vous faire croire que vous étiez devenu intelligent.

Il est mort d'une crise cardiaque en enregistrant une partie de son émission fétiche. Il avait une bonne bouille, il savait rendre intélligible les enjeux et les dessous d'une campagne électorale compliquée. Les soirs de primaires, et le lendemain, je restais scotché devant mon poste de télévision. Il était là tard le soir et tôt le matin, il devait dormir sur place me disais-je. On ne va pas faire dans le pathos, mais sa disparition m'a quand même un peu secoué. C'est parfois mal fait la vie. D'un côté un Tim Russert, de l'autre un PPDA. Et pourtant je crois dur comme fer à la justice immanente. Sauf le vendredi 13...

dimanche 8 juin 2008

And the winners are...






Bah en voilà un ouikène qu'il est presque bon. Ma petite préférée au tennis (ça fait trois ans que j'explique à qui veut l'entendre qu'Ivanovic sera un jour n° 1 mondiale) remporte son premier grand titre à Roland-Garros. Quelques heures plus tard c'est manman Clinton qui décide (enfin) de faire place nette et qui "suspend" sa candidature à l'investiture démocrate. Va quand-même falloir m'expliquer ce qu'elle entend par "suspendre", même si j'ai bien ma petite idée sur la question, il doit y avoir des questions de gros sous derrière tout cela. Le ouikène eût été parfait si Roger Federer avait remporté le tournoi de Roland-Garros au lieu de se faire fesser (le mot est faible, 6-1, 6-3, 6-0) par ce jeune Majorquin dont je persiste à penser qu'il a un petit pète au casque. Il n'ait qu'à constater le soin limite psychiatrique avec lequel il place ses bouteilles d'eau devant sa chaise, la manière dont il remonte ses chaussettes ou cette drôle d'habitude qu'il a de se toucher les fesses avant de servir, on dirait qu'il porte un string qui lui rentre à l'intérieur (des fesses).

En tout cas, voilà un ouikène qui s'achève et qui laisse tout de même une drôle d'impression. Outre le fait que ça sent toujours un peu le début des vacances lorsque Roland-Garros s'achève, le meeting d'Hillary samedi à Washington (reconnaissons lui un discours plein de panache) marquait aussi la fin de quelque chose.

Parce qu' il faut bien dire que depuis le 3 janvier dernier, je ne sais pas si ce fut le cas chez vous, c' était un peu comme si Hillary et son copain Barack habitaient à la maison. Et depuis hier, pfuit, il y a comme un grand vide. Un peu comme lorsqu'un enfant quitte le foyer familial pour aller vivre sa vie d'adulte. Enfin, je vous dis ça, j'en sais pas grand chose, parce que va falloir attendre encore quelques années avant que le premier schtroumpf mette les voiles. Mais j'imagine tout de même l'effet que ça peut faire.

Bref, Hillary va disparaître des écrans de télévision pendant quelques temps, et d'ici à ce qu'on se mette à la regretter, il n'y a pas des kilomètres. Car désormais, il va falloir se farcir John McCain, que les grands networks avaient un peu tendance à délaisser ses derniers temps, au profit des deux duellistes démocrates. Or s'il a incontestablement une bonne tronche (il était même plutôt beau mec lorsqu'il était jeune), il faut bien dire qu'il a le charisme d'un mollusque.

Mais il y a bien pire ! C'est Madame McCain !! Une véritable caricature. Vous l'avez déjà vu sourire aux côtés de son mari ? A chaque fois j'ai peur qu'elle s'explose les coutures au niveau des maxillaires. Vous trouvez que j'exagère ? Vous me direz, tout le monde ne peut pas avoir l'élégance naturelle de Madame Sarkozy, cela va de soit. De plus Cindy (car c'est ainsi qu'elle se prénomme) est une sale copieuse. Sur le site de son époux, elle proposait des recettes de cuisine à l'adresse des femmes au foyer américaines, façon "mes recettes familiales à moi que j'ai". Seulement elle avait tout pompé sur le site Foodnetwork. Les journalistes zaméricains s'en sont aperçus et depuis les recettes ont disparu ! Ce serait quand-même ballot que son mari rate son entrée à la Maison Blanche à cause de recettes volées. Mais ici, il y en a qui sont tombés pour moins que ça, tout le monde n'a pas l'aplomb d'un Bill (Clinton).
Enfin, pour en revenir à nos moutons, il va désormais falloir s'habituer à partager nos soirées télévisées avec le couple Obama-McCain. Courage les enfants, il n'y en a que pour cinq mois. Ne boudons pas notre plaisir, après les primaires démocrates, la campagne pour la présidentielle s'annonce tout aussi passionnante. J'ai la nette impression que nous sommes en train de vivre un grand moment de l'histoire des zétazunidaméric.

vendredi 6 juin 2008

Jeu, set et...

Et...rien du tout. Ils sont rigolos parfois ces américains. Après avoir ramé pendant une bonne semaine pour comprendre comment je pouvais suivre les Internationaux de France de Tennis à la télévision, épreuve que l'on appelle aussi Roland-Garros (ou Roland pour les chabadas), voilà que je pique une crise pas plus tard qu'hier, jeudi 5 juin. Pour tout vous dire, j'ai raté la première semaine tout simplement parce que j'ignorais qu'il existait sur le câble, une chaîne toute entière consacrée au tennis. Et d'ailleurs si j'avais été moins fainéant et un peu plus futefute, j'aurais trouvé Tennis Channel, canal 139 sur RCN, suffisait de lire sur la liste affichée en face de mon bureau. Donc dès le lundi de la deuxième semaine (oh joie !), je me plante devant mon poste de télévision dès très tôt le matin, et roule ma poule, nickel-chrome, j'enquille toutes les rencontres que je suppose dignes d'intérêt. Et notamment ce match remarquable livré par Gaël Monfils face à l'Espagnol David Ferrer. Une bien belle rencontre conclue par une victoire en quatre manches de notre frenchie, qui gagnait ainsi le droit d'affronter en demi-finale ce qu'on fait de mieux sur le circuit depuis belle lurette, à savoir le Suisse Roger (prononcez Rogeure, sa maman est sud-africaine) Federer. Ca c'était le mercredi.
Jeudi (hier), place aux dames. Deux Russes et deux Serbes s'affrontaient en demi-finale, je n'allais tout de même pas manquer ça !!! Et ben si ! Enfin en tout cas la première demi-finale entre les deux Russes. Car à l'heure de la rencontre, allez savoir pourquoi, Tennis Channel ne retransmettait que des rétrospectives sur Roland-Garros. Remarquez c'était marrant de revoir Borg, Villas, Nastase, Connors et bien sûr Noah, mais enfin, ça ne faisait pas la rue Michèle non plus. Sexisme de la part de Tennis Channel ? Que nenni, à force de zapper comme un malade, j'ai fini par trouver que c'était ESPN Deportes (canal 720 sur RCN)qui retransmettait les rencontres. J'allais donc pouvoir regarder la deuxième demi-finale entre les Serbes Ivanovic (c'est elle, là) et Jankovic. Et c'est Ana qui l'emporta. (Je vous en remets deux, parce que quand-même, ya pas à dire, qu'est-ce qu'elle joue bien au tennis!). Voilà donc qu'après ce pure moment de sport, je salivais déjà à l'idée de suivre le lendemain les deux demi-finales messieurs, Nadal-Djokovic d'un côté, Federer-Monfils de l'autre.
Vendredi (aujourd'hui), debout 6:15 am, café, pianotage sur Internet pour voir si tout se passe bien, pas de mails d'alerte, yes, plus que 10 minutes avant de savourer un grand moment de tennis. J'allume sur Tennis Channel, re-retrospective ! Qu'à cela ne tienne, je vais sur ESPN Deportes, et là........là j'avais droit à du base-ball universitaire. Les bras m'en tombent, je décide donc d'aller sur le site de l'Equipe voir par hasard s'il ne pleut pas à Paris. Non non non, il ne pleuvait pas au-dessus de la porte d'Auteuil et Nadal menait déjà 1 à 0 face à Djokovic. Je reprends donc la zapette et je m'enquille toutes les chaînes de 01 à 700 et des brouettes, sans jamais voir défiler une balle jaune ou quoi que ce soit qui ressemble à un match de tennis. Je m'éffondre et me dis qu'il y a quand-même quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce pays.

Par dépis, j'essaie de suivre Nadal-Djokovic sur Internet (c'est d'un rigolo, si vous saviez !) et la rencontre à peine terminée voilà t'y pas que NBC se met à retransmettre le match en différé. C'est malin, impossible de suivre, rapport à ce que je connaissais le résultat, ce qui vous en conviendrez, limite considérablement l'intérêt de l'exercice. Pffffff......
Et là me vient une idée. Laissons passer le match en différé, évitons d'aller voir sur Internet comment Monfils se débrouille face à Roger, yaka être patient et sur les coups de midi, je pourrai regarder la seconde demi-finale sur NBC, sans connaître le résultat. Seulement à l'heure où j'écris ces lignes, c'est à dire sur les coups de 17h20, NBC n'a toujours pas retransmi le match. Tout cela pour vous dire, que je suis d'une humeur de hyène, parce que je me demande bien ce qu'il en sera des finales de demain et dimanche, sans parler du Championnat d'Europe des Nations pour lequel la France joue lundi. Je craque.


samedi 24 mai 2008

Mouse, mice....


De l'intérêt qu'il y a en 4ème à bien apprendre les verbes et les mots irréguliers en anglais (je dis 4ème parce que j'ai fait allemand première langue). Parce que l'autre fois, je me suis rendu au "Castorama" du coin, pour acheter des pièges à souris. Comment tu dis piège à souris en anglais ? Demerden sie sich !!!! Donc j'avise un vendeur auquel j'explique ma quête et qui me regarde avec des yeux ronds comme sa (bonne) bouille. Je me gratte la tête une fois, deux fois, trois fois, je change la formule mais pour expliquer toujours la même chose: walou, nada, nichts, rien !!! Il faut vous dire que d'un point de vue grammaticale et syntaxique, ma phrase était évidemment parfaite. Sauf que le pluriel de "mouse" en anglais, ce n'est pas "mouses" BUT "mice", et que je ne m'en souvenez plus du tout du tout du tout. Donc forcément, le brave homme comprenait que pouic à ce que je lui demandais. Il a fallu que je parle de rongeurs (rodent in english), pour que l'on débloque la situation après dix bonnes minutes de palabres, et de patience toute américaine de la part de mon vendeur. Mais ce n'est qu'en rentrant à la maison, après avoir raconté mes péripéties linguistiques par le menu, que j'ai pris la mesure de mon ENAURME bévue.
Ma douce: "Bah évidemment, crétin, le mec il a rien pu comprendre, vu que le pluriel de mouse, c'est mice !Ah Ah Ah !!!!!!!"
Moi:"Ben voui, ch'uis bête." Et je m'en vais dans la cuisine, digne, mais la tête un peu basse quand-même, pour comprendre comment marche le matos.
Car oui vous l'aurez compris !! Cela faisait plusieurs jours que nous traquions une bande de "mice" qui venaient se taper la cloche chaque soir dans la cuisine. Seulement voilà, les tapettes dont nous disposions, sorte de grosses pinces à linge à la noix, les faisaient bien marrer, puisqu'elles boulotaient tout ce qu'elles pouvaient sans jamais se laisser prendre. La grosse rigolade quoi ! (photo en haut pour les mal-comprenants).
J'ai donc décidé de passer à l'arme de destruction massive, la vraie, pas celles de nos amis Bush, Rumsteack et Wolfowitz (je laisse Colin Powell de côté, parce que je l'aime bien). Et j'ai acheté du matériel de compet', le d-CON ultra set kills mice, GUARANTED TO KILL. !!!! Après avoir installé le bazar la veille au soir, je descends le lendemain matin, en me disant que ça allait être un véritable génocide......Tu parles Charles, fiasco total ! La confiture qui devait les mener à la tapette et le fromage installé à l'intérieur avaient été consommés, mais le mécanisme n'avait pas bougé d'un iota.
"Les sal.....pes" m'exclamais-je dans ma Ford intérieure.
Ca n'allait pas se passer comme ça. Le soir même, je remettais le matériel en place, mais avec un plan machiavélique cette fois (classé "secret défense", à moins que t'allonges la tune). C'était à l'époque où il faisait beau, nous étions en train de prendre un verre en terrasse, tandis que le calme régnait dans la cuisine éteinte. Lorsque ma future belle-soeur (c'est la maman des zincous dont j'ai parlé dans un précédent post) se rendit dans la dite cuisine, alluma la lumière et hurla: "Y'en a une, là !!!!"
Branle-bas de combat, je fonce la rejoindre.
Elle: "Là, là, là !!!!, derrière le pot de farine, elle s'est cachééééééééééééééééééé !!!!!!!!"
Moi: "Oui j'la vois". En fait c'est elle qui me regardait, limite si elle me faisait pas un bras d'honneur.
Moi: "Toi ma cocotte......". Et je fonce. C'est au poing que je me la suis faite, planquée qu'elle était, derrière le joli pot à farine façon "chez mon arrière grand-mère" (en fait acheté à Ikéa ou un truc pareil). Bon le pot est légèrement fêlé derrière, ce n'en n'est que plus authentique.
Je remportais là la première bataille d'une énorme victoire finale. Par la suite, mon système a remarquablement fonctionné. Six en tout !!! Les copines ont dû trouver bizarre que les autres ne reviennent pas. Total, ya plus de petites de crottes sur le plan de travail, et nous nous avons pu reprendre une vie (quasi) normale.

mardi 13 mai 2008

Yes we can...

Je ne m'étendrai pas sur les raisons pour lesquelles je n'ai rien posté depuis le 26 avril dernier, ça ne regarde que moi et ma conscience. Passons donc très vite à autre chose. Dimanche dernier, sur les coups de 11H00 du matin, nous voilà partis, ma douce et moi-même, en direction de Eleanor, petit bled perdu (1 500 âmes et autant d'engins agricoles) de la Virginie occidentale (les plus perspicaces d'entre vous devineront pourquoi). Six heures de route et des brouettes sous un déluge de flotte, va falloir qu'on s'y fasse, à chaque fois qu'on se dirige vers les Appalaches, on se prend le ciel sur la tête. Vous me direz, on s'en sort bien, parce qu'on aurait pu se diriger vers le Midwest, et là-bas c'est ben pire si j'en crois les gazettes. Six heures de route et un peu plus, donc, avec des bahuts de 40 tonnes qui vous doublent, par la gauche, par la droite, à plus de 80 MPH en vous rasant bien comme il faut et vous balançant tout ce qu'ils peuvent en pleine tronche ! Moi je veux bien, mais les histoires de "l'Américain citoyen respectueux de la loi et de son prochain", c'est de la farce ! Je le hurle, la plupart des camionneurs yankees sont de véritables gangsters. (Pffff.... ca va déjà nettement mieux).

Nos petites affaires sur place terminées (à Eleanor), il était bien 20H30, et fallait trouver un endroit pour manger d'abord et dormir ensuite. On s'est dit que ce serait peut-être bien d'éviter le Motel local et de se diriger vers Charleston, la capitale de West Virginia, à une grosse demi-heure de route. Alors premier petit conseil lorsqu'on arrive de nuit dans une ville inconnue et que l'on n'a pas de guide avec soi: ne pas penser qu'en prenant la sortie "State Capitol" vous allez arriver direct "Down town". Car le State Capitol de Charleston se trouve dans la pampa, bien loin de ce que l'on appelle communément chez nous un "Centre ville". On a tourné pendant une grosse demi-heure dans une ville fantôme, sans panneau indicateur, avec la flotte qui redoublait de violence, et la seule personne croisée était un homme circulant en fauteuil roulant, sans feu, et évité de justesse (j'y croyais pas) !!

A la limite de la crise de nerf, on s'est décidé à passer la rivière, ce qui fût le bon choix, rapport à ce que "Down town", c'était bien de ce côté là. La partie n'était pas encore gagnée, parce que l'heure tournait et que pas le moindre commerce n'était ouvert (même Mc Do et Subway avaient plié les gaules, vous me direz c'était pô pire).

Et puis au détour d'une rue, on a vu de la lumière. On approche en respectant la signalisation lumineuse (quoi qu'en dise mon co-pilote), et que voit-on écrit au fronton de l'établissement ? C'est écrit sur la photo ci-contre (je vous jure sur la tête de Mireille Matthieu que c'est la vraie photo). C'était tout allumé partout, il y avait même des gens dedans, enfin une vraie auberge quoi !On rentre, on attend que quelqu'un veuille bien s'occuper de nous, lorsqu'une femme, assise trois tables plus loin, m'avise et me demande:
"May I help you ?"
"Yes" lui réponds-je tout de go, "not too late to have dinner ?"
"Ah mais vous parlez français !!!!" s'exclame-t-elle quasiment sans accent (à ce moment le rouge de la honte m'envahit).
"Voui voui voui, nous sommes Français". C'est tout juste si elle ne m'a pas serré contre sa poitrine.
"Venez, je vais vous présenter mon mari (le patron), il est Français !"
Je peux vous dire qu'après la journée qu'on venait de passer, et après un grand moment de solitude à errer dans la ville sans jamais croiser quelqu'un à qui demander notre chemin, on était content de rencontrer des gens de chez nous, qui en plus allaient nous donner à manger.
"Vous vous êtes perdu sur une bretelle d'autoroute ?" nous demande le patron, genre "mais comment vous avez atterri dans un patelin pareil un dimanche soir ?". Après avoir fumé une cigarette en toute légalité tout en sirotant un petit "Chardonnay", on s'est tapé une salade périgourdine avec du "foie gras fait maison" (Yes we can !!), et un lapin à la moutarde accompagné de gratin dauphinois. On s'est regardé, on n'y a pas vraiment cru, mais tout cela était bien réel. Si vous vous perdez dans le coin, on ne sait jamais, ça s'appelle "Le café de Paris", 700 quarrier Street-Charleston WV 25301. Et nous on n'en revient toujours pas !

samedi 26 avril 2008

Là-haut sur la montagne (suite...)

Oui je sais, j'ai pris mon temps, mais bon, avais d'autres choses à faire. Well, on en était donc à l'arrivée par la face nord du parc national de la Shenandoah....Un déluge de flotte, on est dans les nuages et il faut installer tout ce petit monde (on est neuf en tout, quatre grands et cinq schtroumpfs de 10 à 16 ans) dans la "suite" et les deux chambres réservées. Pas de problème, direction la réception, en courant et la tête baissée (quand on court la tête baissée on est moins mouillé, enfin il paraît).
Le réceptionniste: "vouais vouais vouais (en anglais dans le texte), on a bien reçu vos réservations, mais les chambres ne sont pas prêtes, faut attendre 3 pm".
On regarde nos montres, il 2:45 pm.
Nous: "z'êtes certain qu'elles ne sont pas prêtes ?"
Lui: "vouais vouais vouais elles sont pas prêtes"
Qu'à cela ne tienne, on n'avait pas mangé, mais comme on avait été prévoyants, on avait préparé des sandwiches avant de partir de Washington. Et nous voilà donc, transis, avalant les sandwiches, six installés dans les voitures, tandis que trois autres tentaient de s'abriter sous la portière de la malle arrière du Chevy HHR dont nous sommes les propriétaires satisfaits (j'ai volontairement enlevé la plaque pour que nous ne puissions pas être identifiés, héhé...J'ajoute que je parle de la voiture pour mettre une photo, passe que là je suis un peu sec, enfin... façon de parler).

A 3 pm pétantes (sur ce coup là je peux vous dire que les filles ont été d'une ponctualité toute royale), retour à la réception où nous prenons possession des clés avec un bonheur non dissimulé. Pffffff.....Restait plus qu'à savoir comment nous allions organiser la répartition dans les chambres.
Après un conseil parental à huis-clos d'une dizaine de minutes, nous décidions à l'unanimité d'opter pour "deux nuits de paix absolue", en réservant la "suite" aux zenfants qui auraient ainsi l'impression de vivre leur vie (photo), tandis que nous parents, serions installés dans deux immenses chambres situées à quinze bonne minutes à pied des schtroumpfs (et c'est là qu'on savoure, pour une fois, l'existence des téléphones portables). L'annonce de la décision a fait de nous, l'espace d'un instant, les parents les plus formidables de la planète, voire de la galaxie. Je vous épargne le récit de la soirée, le restaurant pas bon mais avec une serveuse barbue super sympa qui trouvaient nos zenfants super bien élevés (c'est peut-être pour ça que nous on l'a trouvé super sympa).

Et nous voilà le lendemain matin, avec pour première mission, avant même d'avoir fait couler un café, de scruter le ciel. Ca a été vite vu, "c'tait ben pire encore" comme aurait dit une de mes copines québécoaise. En fait ça donnait à peu près ça (photo ci-dessous), et ça tombait comme à Gravelottes (les plus anciens d'entre vous sauront de quoi je parle).
La journée démarrait donc par une réunion de crise, en nous demandant comment on aller annoncer la mauvaise nouvelle aux zenfants qui allaient probablement mal le prendre. Il nous fallait donc un plan B.
Prenant notre courage à huit mains, nous partons les rejoindre, inquiets de leurs réactions.
Nous: "Bon ben y fait pas bô, y fait pas chô, c'est un peu dommage mais on ne va pas pouvoir faire la rando prévue".
Regards incrédules, ne sachant pas si c'était du lard ou du cochon, et après quelques secondes d'un silence assourdissant, notre annonce fut accueillie par des cris de victoires tandis qu'un large sourire illuminait leurs faces de rats. Car il faut que vous sachiez qu'un ado ou pré-ado, ça ne marche pas, ça ne s'intéresse pas aux zanimaux de la forêt et de la montagne, ça pianotte toute la journée sur son I Pod Touch, son ordi ou sa PSP (Si Mac et Sony pouvaient faire un geste....).La suite dimanche, Inch'Allah !