
C'est très, très, très sympa d'habiter au Zétazunidaméric au lendemain d'une triple déculottée footballistique. Parce que ici, l'Euro 2008, tout le monde s'en bat les flancs ou à peu près. Personne n'en parle, ni dans la rue, ni à la télé, ni dans les journaux (ce matin, l'élimination de l'Equipe de France fait 11 lignes en page 6 du cahier sports de USA Today, tout juste un peu plus dans ceux du Washington Post et du NY Times, et rien du tout sur les chaînes d'infos). Parce que lorsqu'on est un accro de ce sport, et même lorsqu'on tente de prendre un peu de hauteur (si, si, c'est possible), on a toujours un vieux fond de nationalisme qui refait surface. Et au lendemain d'une très pitoyable élimination de son équipe préférée, forcément, le nationalisme il en prend un petit coup dans les carreaux.
Donc le fait d'habiter très loin de la vieille Europe, qui plus est dans un pays totalement autiste à la chose du ballon rond, fait un bien considérable les jours de gueule de bois post-défaite. Pas de voisin prenant un air faussement contrit pour vous expliquer que "c'est dommage, vous aviez pourtant une bonne équipe", pas de conversations de comptoirs (toutes façons y'en a pas) pendant lesquelles on vous refait vingt fois le match et on exige que des têtes tombent. Tout comme on peut aller faire ses courses tout peinard sans se faire interpeller par un malotru trop content de pouvoir faire sa fête à un Frenchie arrogant. Non, rien de tout ça, vous pouvez passer une journée bien tranquille, sans que l'on vous fasse revivre d'une manière ou d'une autre l'humiliation subie la veille.
La seule chose à laquelle on ne peut toutefois pas échapper, même à 8 heures d'avion de là-bas, c'est le e-mail sympathique de la part de potes qui le sont tout autant.
Fernando à Barcelone: "Hola que tal !? Ma qu'est-ce qui s'est passé, Zizou était en vacances ?"
Carlos, Portugais installé à Moscou, dont je n'avais plus de nouvelles depuis deux mois, qui croit utile de faire le malin: "On se retrouvera en Afrique du Sud !!!"
Thomas à Berlin: "Schade, kein Glück !!"
Lorenzo à Rome, qui ne perd rien pour attendre: "A casa, a casa".
Vous me direz c'est de bonne guerre.
Mais celui qui m'a laissé le cul sur ma chaise, c'est ma Maman (qui sait à peine qui est Raymond Domenech):"T'as pu voir le match hier ?"
No comment.














Je ne m'étendrai pas sur les raisons pour lesquelles je n'ai rien posté depuis le 26 avril dernier, ça ne regarde que moi et ma conscience. Passons donc très vite à autre chose. Dimanche dernier, sur les coups de 11H00 du matin, nous voilà partis, ma douce et moi-même, en direction de Eleanor, petit bled perdu (1 500 âmes et autant d'engins agricoles) de la Virginie occidentale (les plus perspicaces d'entre vous devineront pourquoi). Six heures de route et des brouettes sous un déluge de flotte, va falloir qu'on s'y fasse, à chaque fois qu'on se dirige vers les Appalaches, on se prend le ciel sur la tête. Vous me direz, on s'en sort bien, parce qu'on aurait pu se diriger vers le Midwest, et là-bas c'est ben pire si j'en crois les gazettes. Six heures de route et un peu plus, donc, avec des bahuts de 40 tonnes qui vous doublent, par la gauche, par la droite, à plus de 80 MPH en vous rasant bien comme il faut et vous balançant tout ce qu'ils peuvent en pleine tronche ! 



