mercredi 18 juin 2008

De profundis...


C'est très, très, très sympa d'habiter au Zétazunidaméric au lendemain d'une triple déculottée footballistique. Parce que ici, l'Euro 2008, tout le monde s'en bat les flancs ou à peu près. Personne n'en parle, ni dans la rue, ni à la télé, ni dans les journaux (ce matin, l'élimination de l'Equipe de France fait 11 lignes en page 6 du cahier sports de USA Today, tout juste un peu plus dans ceux du Washington Post et du NY Times, et rien du tout sur les chaînes d'infos). Parce que lorsqu'on est un accro de ce sport, et même lorsqu'on tente de prendre un peu de hauteur (si, si, c'est possible), on a toujours un vieux fond de nationalisme qui refait surface. Et au lendemain d'une très pitoyable élimination de son équipe préférée, forcément, le nationalisme il en prend un petit coup dans les carreaux.

Donc le fait d'habiter très loin de la vieille Europe, qui plus est dans un pays totalement autiste à la chose du ballon rond, fait un bien considérable les jours de gueule de bois post-défaite. Pas de voisin prenant un air faussement contrit pour vous expliquer que "c'est dommage, vous aviez pourtant une bonne équipe", pas de conversations de comptoirs (toutes façons y'en a pas) pendant lesquelles on vous refait vingt fois le match et on exige que des têtes tombent. Tout comme on peut aller faire ses courses tout peinard sans se faire interpeller par un malotru trop content de pouvoir faire sa fête à un Frenchie arrogant. Non, rien de tout ça, vous pouvez passer une journée bien tranquille, sans que l'on vous fasse revivre d'une manière ou d'une autre l'humiliation subie la veille.
La seule chose à laquelle on ne peut toutefois pas échapper, même à 8 heures d'avion de là-bas, c'est le e-mail sympathique de la part de potes qui le sont tout autant.
Fernando à Barcelone: "Hola que tal !? Ma qu'est-ce qui s'est passé, Zizou était en vacances ?"
Carlos, Portugais installé à Moscou, dont je n'avais plus de nouvelles depuis deux mois, qui croit utile de faire le malin: "On se retrouvera en Afrique du Sud !!!"
Thomas à Berlin: "Schade, kein Glück !!"
Lorenzo à Rome, qui ne perd rien pour attendre: "A casa, a casa".
Vous me direz c'est de bonne guerre.
Mais celui qui m'a laissé le cul sur ma chaise, c'est ma Maman (qui sait à peine qui est Raymond Domenech):"T'as pu voir le match hier ?"
No comment.

dimanche 15 juin 2008

Merde !


En France, il se trouve des gens qui ont la larme à l'oeil parce que PPDA se fait lourder comme un malpropre du jité de TF1. Vue d'ici, ça laisse un peu rêveur, mais bon... J'avoue que de voir Poivre se faire virer par par ceux-là mêmes à qui il a toujours servi la soupe ne me fait pas beaucoup de peine. En revanche, il y a une nouvelle qui m'en a fait (de la peine) c'est celle de la disparition soudaine de Tim Russert. L'info est tombée vendredi après-midi, à la mi-temps de France-Pays Bas, bad day (c'était un vendredi 13).

Tim Russert était l'un des journalistes vedettes de la chaîne NBC, animateur talentueux (entre autre) de la célébrissime émission "Meet the press". Je ne le connaissais que par l'entremise de mon petit écran, et quand j'écoutais ses analyses politiques, j'avais l'impression d'avoir tout compris et d'être devenu moi-même un observeur averti de la vie politique américaine (ce n'était bien sûr qu'une illusion). Mais ce monsieur de 58 ans avait le génie de vous faire croire que vous étiez devenu intelligent.

Il est mort d'une crise cardiaque en enregistrant une partie de son émission fétiche. Il avait une bonne bouille, il savait rendre intélligible les enjeux et les dessous d'une campagne électorale compliquée. Les soirs de primaires, et le lendemain, je restais scotché devant mon poste de télévision. Il était là tard le soir et tôt le matin, il devait dormir sur place me disais-je. On ne va pas faire dans le pathos, mais sa disparition m'a quand même un peu secoué. C'est parfois mal fait la vie. D'un côté un Tim Russert, de l'autre un PPDA. Et pourtant je crois dur comme fer à la justice immanente. Sauf le vendredi 13...

dimanche 8 juin 2008

And the winners are...






Bah en voilà un ouikène qu'il est presque bon. Ma petite préférée au tennis (ça fait trois ans que j'explique à qui veut l'entendre qu'Ivanovic sera un jour n° 1 mondiale) remporte son premier grand titre à Roland-Garros. Quelques heures plus tard c'est manman Clinton qui décide (enfin) de faire place nette et qui "suspend" sa candidature à l'investiture démocrate. Va quand-même falloir m'expliquer ce qu'elle entend par "suspendre", même si j'ai bien ma petite idée sur la question, il doit y avoir des questions de gros sous derrière tout cela. Le ouikène eût été parfait si Roger Federer avait remporté le tournoi de Roland-Garros au lieu de se faire fesser (le mot est faible, 6-1, 6-3, 6-0) par ce jeune Majorquin dont je persiste à penser qu'il a un petit pète au casque. Il n'ait qu'à constater le soin limite psychiatrique avec lequel il place ses bouteilles d'eau devant sa chaise, la manière dont il remonte ses chaussettes ou cette drôle d'habitude qu'il a de se toucher les fesses avant de servir, on dirait qu'il porte un string qui lui rentre à l'intérieur (des fesses).

En tout cas, voilà un ouikène qui s'achève et qui laisse tout de même une drôle d'impression. Outre le fait que ça sent toujours un peu le début des vacances lorsque Roland-Garros s'achève, le meeting d'Hillary samedi à Washington (reconnaissons lui un discours plein de panache) marquait aussi la fin de quelque chose.

Parce qu' il faut bien dire que depuis le 3 janvier dernier, je ne sais pas si ce fut le cas chez vous, c' était un peu comme si Hillary et son copain Barack habitaient à la maison. Et depuis hier, pfuit, il y a comme un grand vide. Un peu comme lorsqu'un enfant quitte le foyer familial pour aller vivre sa vie d'adulte. Enfin, je vous dis ça, j'en sais pas grand chose, parce que va falloir attendre encore quelques années avant que le premier schtroumpf mette les voiles. Mais j'imagine tout de même l'effet que ça peut faire.

Bref, Hillary va disparaître des écrans de télévision pendant quelques temps, et d'ici à ce qu'on se mette à la regretter, il n'y a pas des kilomètres. Car désormais, il va falloir se farcir John McCain, que les grands networks avaient un peu tendance à délaisser ses derniers temps, au profit des deux duellistes démocrates. Or s'il a incontestablement une bonne tronche (il était même plutôt beau mec lorsqu'il était jeune), il faut bien dire qu'il a le charisme d'un mollusque.

Mais il y a bien pire ! C'est Madame McCain !! Une véritable caricature. Vous l'avez déjà vu sourire aux côtés de son mari ? A chaque fois j'ai peur qu'elle s'explose les coutures au niveau des maxillaires. Vous trouvez que j'exagère ? Vous me direz, tout le monde ne peut pas avoir l'élégance naturelle de Madame Sarkozy, cela va de soit. De plus Cindy (car c'est ainsi qu'elle se prénomme) est une sale copieuse. Sur le site de son époux, elle proposait des recettes de cuisine à l'adresse des femmes au foyer américaines, façon "mes recettes familiales à moi que j'ai". Seulement elle avait tout pompé sur le site Foodnetwork. Les journalistes zaméricains s'en sont aperçus et depuis les recettes ont disparu ! Ce serait quand-même ballot que son mari rate son entrée à la Maison Blanche à cause de recettes volées. Mais ici, il y en a qui sont tombés pour moins que ça, tout le monde n'a pas l'aplomb d'un Bill (Clinton).
Enfin, pour en revenir à nos moutons, il va désormais falloir s'habituer à partager nos soirées télévisées avec le couple Obama-McCain. Courage les enfants, il n'y en a que pour cinq mois. Ne boudons pas notre plaisir, après les primaires démocrates, la campagne pour la présidentielle s'annonce tout aussi passionnante. J'ai la nette impression que nous sommes en train de vivre un grand moment de l'histoire des zétazunidaméric.

vendredi 6 juin 2008

Jeu, set et...

Et...rien du tout. Ils sont rigolos parfois ces américains. Après avoir ramé pendant une bonne semaine pour comprendre comment je pouvais suivre les Internationaux de France de Tennis à la télévision, épreuve que l'on appelle aussi Roland-Garros (ou Roland pour les chabadas), voilà que je pique une crise pas plus tard qu'hier, jeudi 5 juin. Pour tout vous dire, j'ai raté la première semaine tout simplement parce que j'ignorais qu'il existait sur le câble, une chaîne toute entière consacrée au tennis. Et d'ailleurs si j'avais été moins fainéant et un peu plus futefute, j'aurais trouvé Tennis Channel, canal 139 sur RCN, suffisait de lire sur la liste affichée en face de mon bureau. Donc dès le lundi de la deuxième semaine (oh joie !), je me plante devant mon poste de télévision dès très tôt le matin, et roule ma poule, nickel-chrome, j'enquille toutes les rencontres que je suppose dignes d'intérêt. Et notamment ce match remarquable livré par Gaël Monfils face à l'Espagnol David Ferrer. Une bien belle rencontre conclue par une victoire en quatre manches de notre frenchie, qui gagnait ainsi le droit d'affronter en demi-finale ce qu'on fait de mieux sur le circuit depuis belle lurette, à savoir le Suisse Roger (prononcez Rogeure, sa maman est sud-africaine) Federer. Ca c'était le mercredi.
Jeudi (hier), place aux dames. Deux Russes et deux Serbes s'affrontaient en demi-finale, je n'allais tout de même pas manquer ça !!! Et ben si ! Enfin en tout cas la première demi-finale entre les deux Russes. Car à l'heure de la rencontre, allez savoir pourquoi, Tennis Channel ne retransmettait que des rétrospectives sur Roland-Garros. Remarquez c'était marrant de revoir Borg, Villas, Nastase, Connors et bien sûr Noah, mais enfin, ça ne faisait pas la rue Michèle non plus. Sexisme de la part de Tennis Channel ? Que nenni, à force de zapper comme un malade, j'ai fini par trouver que c'était ESPN Deportes (canal 720 sur RCN)qui retransmettait les rencontres. J'allais donc pouvoir regarder la deuxième demi-finale entre les Serbes Ivanovic (c'est elle, là) et Jankovic. Et c'est Ana qui l'emporta. (Je vous en remets deux, parce que quand-même, ya pas à dire, qu'est-ce qu'elle joue bien au tennis!). Voilà donc qu'après ce pure moment de sport, je salivais déjà à l'idée de suivre le lendemain les deux demi-finales messieurs, Nadal-Djokovic d'un côté, Federer-Monfils de l'autre.
Vendredi (aujourd'hui), debout 6:15 am, café, pianotage sur Internet pour voir si tout se passe bien, pas de mails d'alerte, yes, plus que 10 minutes avant de savourer un grand moment de tennis. J'allume sur Tennis Channel, re-retrospective ! Qu'à cela ne tienne, je vais sur ESPN Deportes, et là........là j'avais droit à du base-ball universitaire. Les bras m'en tombent, je décide donc d'aller sur le site de l'Equipe voir par hasard s'il ne pleut pas à Paris. Non non non, il ne pleuvait pas au-dessus de la porte d'Auteuil et Nadal menait déjà 1 à 0 face à Djokovic. Je reprends donc la zapette et je m'enquille toutes les chaînes de 01 à 700 et des brouettes, sans jamais voir défiler une balle jaune ou quoi que ce soit qui ressemble à un match de tennis. Je m'éffondre et me dis qu'il y a quand-même quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce pays.

Par dépis, j'essaie de suivre Nadal-Djokovic sur Internet (c'est d'un rigolo, si vous saviez !) et la rencontre à peine terminée voilà t'y pas que NBC se met à retransmettre le match en différé. C'est malin, impossible de suivre, rapport à ce que je connaissais le résultat, ce qui vous en conviendrez, limite considérablement l'intérêt de l'exercice. Pffffff......
Et là me vient une idée. Laissons passer le match en différé, évitons d'aller voir sur Internet comment Monfils se débrouille face à Roger, yaka être patient et sur les coups de midi, je pourrai regarder la seconde demi-finale sur NBC, sans connaître le résultat. Seulement à l'heure où j'écris ces lignes, c'est à dire sur les coups de 17h20, NBC n'a toujours pas retransmi le match. Tout cela pour vous dire, que je suis d'une humeur de hyène, parce que je me demande bien ce qu'il en sera des finales de demain et dimanche, sans parler du Championnat d'Europe des Nations pour lequel la France joue lundi. Je craque.